AUTEURS

 

INTRODUCTION


I. REALITE SOCIOCULTURELLE DU BERTSOLARISME ACTUEL


II. EQUILIBRES ET DEFIS DU BERTSOLARISME. CLES D'UNE EXPERIENCE CREATIVE DE LA TRADITION


III. LE PROCESSUS DE CREATION DU BERTSO IMPROVISE


IV. PROPOSITION D'UN CADRE THEORIQUE

1. L'impasse du langage poétique écrit

2. Enchantement et désenchantement de la théorie de l'oralité

2.1. Oralité dans l'écriture

2.2. Littérature dans l'oralité

a) Les formules dans le bertsolarisme actuel

b) Expérimentation intellectuelle

c) Eloignement

d) Performance

3. Un nouveau cadre théorique pour le bertsolarisme improvisé

 

V. GLOSSAIRE

D | Performance

Une des contributions les plus précieuses de la théorie de l’oralité est sans doute l’aspect central qu’elle concède au concept de performance, terme attribué en principe par les folkloristes américains (Abrahams, Dundes, Lomax...). La formulation la plus satisfaisante de cet aspect est peut-être celle de Paul Zumthor:

…la performance peut être considérée comme un élément et, à la fois, comme le principal facteur constitutif de cette poésie orale. Instance de réalisation plénière, la performance détermine tous les autres éléments formels, qui, par rapport à elle, ne sont à peine que virtuels... Les conventions, règles et normes qui régissent la poésie orale couvrent, d’un côté à l’autre du texte, son opportunité, ses publics, la personne qui la transmet et l’objectif qu’elle poursuit à court terme.(59)

Zumthor mentionne, lorsqu’il introduit la définition que nous venons de citer, le cas des chanteurs de lamentations africaines, qui, semble-t-il, sont incapables de répéter leurs poèmes en dehors des funérailles réelles.

Si la performance, telle que Zumthor la définit, est “le principal facteur constitutif” de toute la poésie orale, à plus forte raison elle l’est dans le bertsolarisme, qui, en plus d’oral, est improvisé. Pour le dire en utilisant la terminologie de Zumthor, le bertsolarisme, pour être improvisé, est beaucoup plus “circonstanciel” que n’importe quelle autre modalité de la poésie orale.

Plus que le terme lui-même, la constatation de l’aspect central de l’acte communicatif nous intéresse, et aussi le fait que, concernant la performance, tous les autres éléments formels, texte compris, sont à peine plus que des éléments virtuels.