AUTEURS

 

INTRODUCTION


I. REALITE SOCIOCULTURELLE DU BERTSOLARISME ACTUEL


II. EQUILIBRES ET DEFIS DU BERTSOLARISME. CLES D'UNE EXPERIENCE CREATIVE DE LA TRADITION


III. LE PROCESSUS DE CREATION DU BERTSO IMPROVISE


IV. PROPOSITION D'UN CADRE THEORIQUE

1. L'impasse du langage poétique écrit

1.1. Le texte comme prétexte

1.2. Le texte dans son contexte: environnement-texte et environnement-situation

2. Enchantement et désenchantement de la théorie de l'oralité

3. Un nouveau cadre théorique pour le bertsolarisme improvisé

 

V. GLOSSAIRE

1 L’impasse du langage poétique écrit

Il n’est pas difficile de trouver des références à propos de la spécificité du phénomène dans les études sur le bertsolarisme, surtout à propos de son caractère oral et improvisé. Les deux citations suivantes le démontrent:

Bien sûr, et comme quelque chose qui attire fortement l’attention, dans la littérature orale basque, nous trouvons l’improvisation. Une improvisation parfaite dans le procédé, d’une part, et d’une vivacité franchement splendide, d’autre part, tant en ce qui concerne la diffusion territoriale du phénomène, qu’en ce qui concerne la considération populaire par laquelle est entouré l’improvisateur dans chaque région.(25)

Comme il a été déjà dit, le bertsolari improvisateur n’est pas seulement un poète et un chanteur, il est aussi un orateur. Ainsi, la technique rhétorique est inhérente au bertsolarisme improvisé. Le plus admirable est que tout son labeur rhétorique —la recherche des idées et arguments, leur mise en ordre et leur formulation artistique— est immédiatement réalisé par le bertsolari, en quelques secondes.(26)

Malgré ces propos et bien d’autres, dans les études sur le bertsolarisme improvisé, dans un certaine mesure, il arrive ce que Rainer Friedrich, citant Albert Lord, dénonce à propos des études homériques:

Après avoir proclamé leur croyance en l’oralité d’Homère, les homéristes continuaient à interpréter Homère en utilisant les critères de la critique littéraire traditionnelle. Cela a conduit Lord à déclarer que, à moins que les homéristes n’acceptent de “comprendre les techniques de la poésie orale” et d'”apprendre de l’expérience des autres formes de poésie orale traditionnelle...” Orale n’est qu’un label vide et traditionnel et dénué de sens. Tous deux ne constituent qu’une façade derrière laquelle les érudits peuvent continuer à s’en tenir aux techniques poétiques de la littérature écrite.(27)

En effet, malgré les abondantes proclamations sur l’importance de son caractère oral et improvisé, il est certain que la plupart des études sur le bertsolarisme ont été réalisées à partir de la théorie poétique écrite.

Le résultat est presque toujours le même: le bertso improvisé est rarement considéré comme une pièce de considérable valeur. La plupart des bertsos improvisés sont, selon les critères de la poétique écrite, des pièces d’un bas niveau poétique.