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1. L'impasse du langage poétique écrit 2. Enchantement et désenchantement de la théorie de l'oralité 2.2. Littérature dans l'oralité 3. Un nouveau cadre théorique pour le bertsolarisme improvisé
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2.1 Oralité
dans lécriture Précédemment
à la date de parution de la thèse de Milman Parry, quelques
auteurs ont déjà abordé le sujet des relations de
conflit entre oralité et écriture, et il est curieux dobserver
que les contributions les plus intéressantes proviennent de la
littérature écrite, concrètement du roman, qui, au
début du XXème siècle se trouve confronté
à une crise profonde, due dune part aux terribles évènements
historiques et aux changements sociaux du début du XXème
siècle, et, dautre part au défi quun nouveau
moyen de représentation de la réalité, le cinéma,
lance au roman. Dans la pratique, AlfredDöblin
est un des seuls à faire face à cette crise:
Curieusement,
dans sa recherche dune forme narrative adéquate à
la nouvelle réalité du début du XXème siècle,
le roman découvre la similitude entre deux extrêmes qui,
apparemment, nont rien à voir entre eux, la poésie
épique dHomère, dun côté, et la
technique cinématographique de lautre:
Concernant
laspect théorique de la réflexion autour du roman
du début du XXème siècle, les contributions les plus
intéressantes sont celles de Walter Benjamin. Ce nest pas
par hasard si Walter Benjamin est justement lauteur de la brève
mais très intéressante introduction à la deuxième
édition de Berlin, Alexanderplatz de Döblin, en 1930
(c'est-à-dire, presque au même moment où les thèses
de Milman Parry commencent à être connues). Cependant, Walter
Benjamin a introduit dans sa théorie littéraire, déjà
en 1913, les concepts de style cinématographique et
montage, ce dernier étant entendu comme une organisation
para-tactique déléments préalablement élaborés.
Parallèlement,
le formaliste critique Boris Eikhenbaum introduit, dans un article sur
Gogol publié en 1919, le terme skaz. Dans un article postérieur,
Eikhenbaum définit skaz de la manière suivante:
Malheureusement,
cette façon de comprendre les relations entre oralité et
écriture na pas eu le même succès que les formulations
de la théorie oraliste, beaucoup moins nuancées et précieuses
pour la recherche. Même
si lobjet de létude dans ce livre est le bertsolarisme
improvisé, nous ne voulons pas laisser passer loccasion pour
indiquer que les recherches de Benjamin Eikhenbaum et dautres sont
indispensables à lanalyse du bertsolarisme non improvisé,
c'est-à-dire, du bertsolarisme écrit des bertso paperak,
notre si spécifique littérature. Il est absurde
de penser que dans luvre de ces auteurs nous pouvons trouver
toutes les clés pour comprendre en quoi consiste et comment fonctionne
un genre qui prétend être oral,bien que sa production se
fasse par lécriture. Mais, sattaquer aux modalités
de production écrite de la littérature orale en ignorant
ce qui a été écrit sur le sujet, nest quune
perte de temps car, on découvre ce que dautres ont découvert
il y a bien longtemps. |